Atelier pédagogique  Autour de Morphée 

par Mathilde Lalle, Mathilde Murat, Grégory Marteau et Romain Grandchamp

L'équipe pédagogique :
Intervenantes :
les artistes plasticiens Mathilde Lalle, Mathilde Murat, Grégory Marteau et Romain Grandchamp
Type de public : à partir de 10 ans
Nombre de participants possible :  20  
Gestion administrative : patch_work, arts émergents

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Morphée fait l'objet d'une réflexion menée par l'équipe de patch_work afin de proposer au public une médiation pertinente au regard du projet. Afin de de mieux appréhender les tenants et aboutissants du processus de création, et par là même de la forme finalisée de l'installation, les artistes ont ouvert les portes de la résidence de création, effectuée à la Maison Salvan à Labège (31).

Pour l'ouverture de la résidence, le collectif ma~ et Grégory Marteau ont proposé au public du festival Traverse Vidéo, essentiellement composé d'étudiants en audio-visuel, de venir découvrir les media sonores et visuel qui allaient être mis en oeuvre dans l'installation, ainsi qu'une improvisation de Grégory Marteau sur les structure sonores Baschet.

La quarantaine de spectateurs présents ont également pu manipuler les media via le processus interactif par la mise à disposition d'un contrôleur midi, suivant la logique de la programmation générée pour l'installation.

Au long de la création, plusieurs groupes de spectateurs, adultes et scolaires, ont été accueillis par les artistes, leur dévoilant alors le projet.

A la fin de la résidence, dans le cadre du festival Empreintes Numériques le 16 avril 2011, environ quatre-vingt personnes sont venues expérimenter l'installation, mais également découvrir les différents acteurs et collaborateurs du projet l'ayant inspiré, construit, déterminé.

Ces spectateurs ont été accueillis par un médiateur formé et spécialisé autour de ce projet, Loïc Lascaux, avec l'invitation suivante :

"L’oeuvre est une installation interactive audiovisuelle interrogeant de façon contemporaine le mythe de Morphée au regard des sciences cognitives. Vous entrerez ainsi dans ses « bras », expérimentant son aspect polymorphe". Elle veut également faire écho, par son fonctionnement, à l’idée selon laquelle chacun crée ses propres rêves par les réminiscences de sa mémoire. Les artistes développent les formes résultant de cette idée en lien avec des chercheurs du CNRS, Michel Tiberge, directeur de l’Unité du Sommeil du CHU de Rangueil à Toulouse, Luc Valton, médecin dans cette même Unité et Emmanuel Barbeau, directeur de recherche CerCo, Laboratoire Cerveau Cognition à l’Université Toulouse III Paul Sabatier, spécialiste dans les questions du fonctionnement mnésique. Ils sont également en collaboration avec InCOgnu, association des doctorants en sciences cognitives rattachés au CerCo.

L’installation évolue en fonction de la présence d’un ou plusieurs spectateurs. Dans l’attente d’une sollicitation, le dispositif de captation crée un univers « de veille » caractérisé par une image désaturée et un son doux récurant signifiant présence et assoupissement. Lorsque vous pénétrerez le dispositif, un univers riche constitué d’une polyphonie visuelle et sonore s’ouvrera à vous.

C’est l’univers du rêve, qui ne s’offre aux sens dans toute sa richesse que lorsque le spectateur est plus calme. Les médias évoluent par des apparitions, disparitions et modifications des sons et des images, travaillés par couches, selon l’interaction entre spectateur et dispositif. Le fonctionnement de ces interactions est inspiré de notre fonctionnement cérébral mnésique lors du sommeil. Dans le cas d’une sollicitation trop importante, l’installation ne répond plus et entre dans une phase de cauchemar, durant laquelle le son et l’image diffusés tendent à perturber directement vos perceptions. Vous serez donc incites à être plus centrés sur vous-mêmes, sur le propre organisme. Entre contemplation et interaction, vivez l’expérience des bras de Morphée.

Plusieurs pôles de découvertes, sous forme d'ateliers, étaient à disposition du public :

Le collectif ma~, fondateur du projet Morphée, était présent pour parler de l'installation, expliciter le concept ou guider chaque spectateur le souhaitant vers une compréhension plus complète de l'oeuvre.

L'activité Cérébrale

Dans un second espace était présent Romain Grandchamps, représentant l'Association InCOGnu (recherche en science cognitive).

Cet atelier a permis au public de visualiser l’activité cérébrale générée par le cerveau de chacun et d’utiliser certains de ces rythmes pour contrôler un voyage à travers une vidéo, constituées de fractales. Un casque d’électro-encéphalographie sans fil équipé de 14 électrodes est ainsi utilisé pour enregistrer l’activité électrique cérébrale. Les différentes oscillations typiques générées par le cerveau seront présentées et certaines d’entre elles peuvent être observées en direct. Ainsi le public a pu mieux comprendre le fonctionnement cérébral, et en échos à cela les choix des artistes concernant le dispositif de l'oeuvre, inspiré de celui-ci.

La numérisation 3D

Une troisième pièce était occupée par un étonnant dispositif : le numérisateur 3D. Objet étrange et fascinant.

Les images projetées dans l’installation Morphée ont été réalisées à partir de numérisations 3D en utilisant la technologie Nooméo. Nooméo est une entreprise toulousaine, créée en 2007, qui développe et industrialise des solutions de numérisation 3D innovantes dans le domaine de la vision artificielle. La mission essentielle de Nooméo est de devenir un acteur majeur dans la conception et la mise sur le marché de solutions basées sur des technologies inédites, en adéquation avec les besoins sans cesse évolutifs des marchés industriels. Nooméo a ainsi développé OptiNum(tm), numérisateur 3D ultraportable, qui repose sur une technologie inédite d’auto-positionnement, combinant la projection de lumière blanche et l’image, cela lui permettant de se démarquer des autres numérisateurs 3D du marché basé sur le laser. OptiNum(tm) a su conquérir les industriels et ainsi s’intégrer naturellement dans des processus complexes, avec une réelle plus-value, pour des applications comme le reverse engineering, la comparaison CAO ou le prototypage rapide. Ainsi les spectateurs ont assister à, voire expérimenter la numérisation 3D exercée sur objet, une main ou un visage et comprendre le fonctionnement du numériseur. Le technicien 3D, Pierric Le Quement, a également présenté des exemples de numérisation aboutie.

L'instrumentarium

Les spectateurs étaient inévitablement attirés vers l'arrière de la Maison, par la voix déformée, frôlant le monstrueux, de Grégory Marteau chantant dans la tôle à voix ; ainsi que des tintements, frottements, grincements etc. provenant du jardin, issus de l'intrumentarium Baschet, laissé à l'ombre des arbres à la portée de chacun.

En effet, afin de permettre de mieux comprendre comment certains matériaux sonores de Morphée ont été réalisés, une mise à disposition de certaines structures sonores Baschet qui ont directement servies à la création sonore de l’installation ont pu être expérimentées par le public. Inventées par les frères Baschet, les structures sonores sont des instruments de musique expérimentaux. Elles produisent des sons complexes, qui n’ont pas de hauteur repérable, ce qui les rapproche beaucoup de l’esthétique électroacoustique. Une différence fondamentale cependant, les structures sonores sont purement acoustiques. Le public a pu également découvrir une double tôle à voix. Grande sculpture sonore aussi rare que fascinante, unique car double, elle possède de grandes cordes et permet d’amplifier et de transformer la voix de manière purement acoustique. Cette pièce unique a été sculptée par Bernard Baschet au début de l’année 2011. Aucune connaissance solfégique ou technique instrumentale préalable n'est nécessaire, juste ouvrir ses oreilles et se laisser tenter au plaisir du geste sonore improvisé, le spectateur était invité à gratter, frapper, frotter, caresser, balayer, pincer...et se laisser surprendre par le résultat. Adultes comme enfants ont alors eut le plaisir de se laisser tenter et souvent prendre au jeu. Invités par le compositeur à une meilleure écoute de l'autre, les spectateurs ont non-seulement mieux appréhender la création sonore de Morphée en s'appropriant les instruments qui ont permis leur création mais ils ont également vécu une expérience créatrice et humaine riche.

L'atelier a déjà eu lieu : en 2011-2012, action réalisée auprès de deux classes d’écoles de second cycle d’écoles toulousaines dans le cadre des Parcours Culturels Gratuits organisés par la Mairie de Toulouse.

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